Au fil des ruelles
LE CARMEL

Ce sont les moines Capucins qui, en s’installant à Vinça en 1582, seront à l’origine de la construction de ce bâtiment en périphérie du centre.
Les Capucins devront quitter les lieux à la Révolution Française avant que M. Raphaël Mollins de Barescut ne rachète la propriété en 1841 avec la ferme intention de lui redonner sa vocation initiale.
C’est ainsi que naît en 1861 le Carmel de Vinça, constitué de moniales en provenance du Carmel de Nice. Celles-ci vont rapidement impulser des travaux d’agrandissement au bâtiment primitif.
Mise à mal au début du XXe siècle suite aux lois sur les associations et à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la communauté carmélite doit trouver refuge dans le centre bourg avant qu’une nouvelle communauté venue d’Arenys de Mar en Espagne ne réinvestisse le couvent en 1920.
Alternant temps de prières, temps de contemplation silencieuse et travaux artisanaux (vêtements, broderie, confitures, gâteaux, cartes de vœux…), les Carmélites continuent de vivre suivant leur propre règle monastique. Si le couvent n’est pas ouvert à la visite, chacun peut néanmoins participer aux messes et offices organisés par la communauté religieuse.
25, Route de Joch - 66320 VINCA - Tel: 04 68 05 81 72
Web: http://lecarmeldevinca.over-blog.com/
L’HOSPICE
A la fin du Moyen Age, la vocation d’un hôpital n’est pas encore médicale et ce n’est qu’à partir des XVIIe et XVIIIe siècles que, progressivement, l’institution commence à assurer les missions de soins aux malades que nous lui connaissons aujourd’hui, en continuant dans un premier temps à respecter les valeurs chrétiennes de charité et de solidarité.
Depuis le XVe siècle, l’hospice abrite une chapelle dédiée à Saint-Sébastien, martyr chrétien du IIIe siècle après J-C. Bernard Alart, personnage originaire de Vinça et directeur des Archives Départementales des Pyrénées-Orientales à la fin du XIXe siècle, en situe la construction vers 1450. C’est également au cours de ce siècle que naît à Vinça l’une des plus anciennes confréries de Saint-Sébastien qui va perdurer fort longtemps en siégeant dans la chapelle de l’hospice. Saint-Sébastien, protecteur de la chrétienté contre la peste et les épidémies, fait depuis cette époque l’objet d’une vénération importante à Vinça au même titre que Saint-Gaudérique, patron des laboureurs et maître des eaux. Cette ferveur est réactivée au milieu du XIXe siècle, quand en 1854 une terrible épidémie de choléra s’abat sur la région.

De même, c’est durant cette période que la chapelle fut dotée d’un retable à la française comprenant une toile encadrée de deux colonnes et surmontée d’un fronton. Concernant le mobilier de la chapelle, retenons un ensemble sculpté baroque datant de la fin du XVIIe siècle qui représente la vierge écrasant un dragon, mais aussi une vierge romane en bois du XIIIe siècle transférée récemment de l’hospice vers l’église paroissiale Saint-Julien par mesure de sécurité. Les deux œuvres sont aujourd’hui classées « Monument Historique ». 
Au XIXe et début XXe siècle, l’hospice de Vinça assure encore des missions d’aide aux plus démunis et de soins aux malades. On peut encore aujourd’hui observer sur les murs de la chapelle de nombreuses plaques datant de cette époque qui rappellent les dons effectués à l’hospice par les personnes les plus aisées de Vinça. Par leur geste de solidarité envers leur prochain, les généreux donateurs se voyaient octroyer un certain nombre de messes assurant ainsi le salut de leurs âmes. Cependant, après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, l’hospice de Vinça ne peut plus recevoir de dons financiers de la part des fidèles, comme la plupart des établissements religieux. Son activité va alors diminuer, d’autant plus après la seconde guerre mondiale tandis que se dessinent les contours de l’hôpital laïc moderne et que se met en place la sécurité sociale. L’activité de l’hospice cesse définitivement en 1955, le bâtiment étant dans un premier temps utilisé par le Bureau d’Aide Sociale, ancêtre de nos actuels Centre Communaux d’Action Sociale (CCAS). Ce vaste bâtiment chargé d’histoire fut dernièrement utilisé comme auberge de jeunesse et accueillera prochainement notre centre culturel et touristique, futur lieu de vie privilégié des vinçanais et des visiteurs.
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